Rondo, yoga, garlaban, aubagne

Tout peut être Yoga ?

  1. Mon point de vue sur l’énergie

1ère partie

Dans le yoga comme dans la culture asiatique en général, depuis des millénaires, bien avant notre point de vue occidental orienté vers la raison scientifique : tout est énergie. Aujourd’hui tout est confondu, prana, chi, corps pranique, astral, éthérique et les différentes traditions culturelles ne simplifient pas les choses comme la mode new âge la simplifie parfois trop, assimilant tout à « l’énergie ». Sans préciser, restant dans un flou artistique qui dessert le propos et donnent de l’eau au moulin de ceux qui ne ressentent rien ou ne veulent rien ressentir.

Pour moi, toutes les énergies sont des points de vue, tous les protocoles des expériences décrites par des personnes l’ayant retranscrites, et validées par d’autres par expériences similaires. En bien des sens, ça rejoint la vision scientifique qui valide par expériences jusqu’à ce que la théorie soit devenue tellement dogmatique qu’on confond expérience et réalité. Pour moi, la réalité n’est validée que par l’expérience personnelle. Ainsi, on finit la boucle : on a des informations provenant de différentes expériences qui établissent des cartes (scientifiques ou énergétiques, peu importe après tout), et le chemin tracé par notre propre expérience peut être qualifié de réalité, la réalité étant de ce point de vue tout le temps différente d’une personne à une autre, sans que l’une ne puisse réellement remettre en cause l’autre, telle que l’exprime la fable indienne sur les aveugles ne voyant qu’une partie ou un point de vue d’une chose en particulier. C’est pourquoi je parle très peu d’énergie, car le flou est très souvent le reflet d’un manque de consistance et de clarté sur ce qui est décrit car non défini.

Restons donc pour ne pas nous égarer sur la tradition védique indienne qui a donné lieu à la vision du yoga telle qu’elle nous est transmise le plus fréquemment, sans oublier une fois encore que par désir de clarté la simplification est extrême et que cette vision-là reste une description non dogmatique de ce qui peut être vécue et que peut exister :

En Inde, selon la tradition, tout est énergie. Le corps n’étant que de l’énergie dense vue par une autre énergie dense et se qualifiant de matière.

Le corps pranique est comme un corps énergétique dédoublé et c’est sur ce corps que l’on va agir dans le yoga.

2ème partie :

Le corps énergétique est comme un moule d’énergie dense dans lequel on va faire circuler de l’énergie au moyen du mental, qui n’est qu’une énergie plus subtile. Le mental est donc un outil et non pas un ennemi contre lequel lutter. La visualisation est l’instrument principal du mental pour faire circuler l’énergie, comme les mantras sont aussi une énergie ou les mudras des sceaux au sens qu’ils scellent une énergie particulière dans le corps comme les ondes de formes peuvent le faire avec le son notamment

La musculature du périnée ou mulha bandha verrouille généralement le bas pour qu’il n’y ait pas de déperdition d’énergie et en haut il y a les yeux en shambavi pour appeler l’énergie à monter. Ainsi, l’énergie circule principalement sur l’axe énergétique (ou nadhi un peu un équivalent indien des méridiens chinois mais dans le cadre de la réalité culturelle et énergétique propre au prana) primordial : la susumna qui correspond à la colonne vertébrale dans le corps physique.

A noter : les deux autres nadhis principaux sont Ida et Pingala qui correspond peu ou prou au canal sympathique et parasympathique dans la matière (attention correspondance ne signifie pas identification)

L’idée de base étant donc de nettoyer l’axe principal où se situe les chakras qui sont largement vulgarisés et démocratisés par le new age, de façon à chauffer cet axe et éveiller à terme, l’énergie primordiale qui est la kundalini (notamment par la fusion de la dualité masculin féminin, bien/mal, Ida/pingala, solaire/lunaire, équilibrage canal sympathique et parasympathique et la susumna, éveillant la conscience ou plutôt permettant de retrouver que toute cette conscience n’avait jamais été perdue. A ce stade, tout ce que je viens de décrire paraît à la fois complètement faux et complètement vrai car les points de vue coexistent comme lorsque l’on regarde un film et qu’on pleure, l’émotion est réelle mais le film reste un film vu par une personne réelle. L’identification au personnage du film et la fusion, ne serait-ce que momentanée avec lui crée ce que l’on peut nommer l’Ego, et son enferment les souffrances et beautés qu’on lui connaît…

  1. Tout peut être yoga

Le yoga n’est pas l’apanage d’un tapis et d’une tradition indienne hermétique. Le yoga (ou union) est un état de transcendance que l’on a tous déjà plus ou moins vécu. Le sport en est un exemple frappant, lorsque l’on est capable d’accomplir des choses que l’on ne pensait pas être capable, le tout dans la fluidité et une (sur) conscience qui rend addict à celui qui pense que le moyen qui l’a rendu possible est le seul pour obtenir cette fin.

En fait, cet état de transcendance ou Samadhi nous le recherchons tous : le sexe, l’amour (ou grand amour), la boulimie d’informations que nous confondons avec la connaissance (pressentant que l’on pourrait être omniscient)… tout ce qui fait l’objet de notre attention et de notre quotidien est recherché en fin de compte pour se rapprocher de cet état d’union, que l’on confond avec un partenaire ou un guide trop souvent, ce qui donne lieu à des relations amoureuses destructrices ou à ce que j’appelle des gouroutisations, pour ne citer que ces deux cas.

La vérité c’est que j’ai rencontré à maintes reprises des personnes cultivant leur jardin ou allant à la pêche, décrivant bien mieux et de façon bien plus accessible que la plupart des conférenciers connus et reconnus dans ce domaine (à noter : dans les temples, hormis les enseignants les personnes les plus respectées sont les jardiniers et les cuisiniers, et ainsi tout le monde nettoie ou participe aux tâches, sans doute pour se le rappeler, plus que par humilité selon moi, en définitive).

Marcher en pleine nature et ne faire qu’un avec elle, ne serait-ce qu’un instant, être ébloui par un paysage au point que notre vision du monde se trouble momentanément, avoir une connexion avec une personne, ne serait-ce qu’une seconde à tel point qu’on jurerait que les limites de l’un et de l’autre ont été abolies (et si elles n’avaient jamais existé ?), nager en se sentant une partie de l’eau qu’on utilise pour se mouvoir ou qui nous utilise pour nous englober, l’éveil intellectuel de la plupart des scientifiques lorsqu’ils racontent pour la plupart « l’invention géniale », leur coup de génie qui les a « frappé » en un éclair… tout cela ne sont que des façons d’atteindre l’état yoga d’union, qui est en fait une inversion. Si tout peut être yoga, alors tout est peut-être yoga. Je m’explique : si tout est yoga, peut-être l’Ego de chacun ne s’éveille pas à une nouvelle réalité mais cette réalité est tout le temps-là, et l’Ego s’efface parfois pour que la réalité d’union non séparée se rappelle elle-même. Ce que l’Ego va en retenir va déterminer le degré de ce que l’on appelle à tort et à travers l’Eveil.