Si le Taï chi est souvent considéré comme un yoga en mouvement, l’objectif est le même: l’union.

Union du corps et de l’esprit, union des contraires, à travers la dynamique générée par les gestes, les respirations, et la concentration qui mène progressivement à une méditation du mouvement
Il existe plusieurs Taï chi.

Etant donné la tradition coréenne à laquelle je suis attachée par mes origines martiales, il s’agit ici d’un Taï chi coréen, dans lequel il est explicitement décrit comme un yoga debout, un yoga assis, un yoga postural et un yoga en mouvement.

De par ses origines martiales, le taï chi peut être défini comme l’optimisation du positionnement du corps afin d’obtenir le mouvement le plus efficace dans le moindre effort.
Généralement, comme il s’agit de développement durable de sa propre machine personnelle, à savoir notre corps, il s’agit de préoccupations qui concernent les pratiquants d’arts martiaux vieillissants et/ou… blessés ! Cependant, dans tout art martial qui se respecte, il y a dès le début l’aspect externe, dualité, confrontation, violence (yang), et il y a de façon parallèle l’aspect interne, où l’on répare les dégâts des entraînements, et où l’on renforce le corps de l’intérieur pour lui permettre d’effectuer des mouvements (yin).
Arts martiaux mis à part, au jour le jour, nous nous entraînons à maltraiter notre corps dans nos modes de vie où nous ne savons pas comment bouger de façon à aligner nos chaines musculaires de façon naturelle. L’entrainement au Taï chi rééduque au mouvement juste, à travers des exercices ludiques, martiaux et “énergétiques”… Et là, je ne parle que du physique, car ceci n’est que la partie visible de l’iceberg Taï chi!

Le Taï chi, une pratique de fainéant ?

Si le yoga est une forme de méditation immobile, le taï chi permet de faire une application quotidienne directe des bienfaits posturaux de sa pratique. En effet, le mouvement c’est la vie et le Taï chi c’est du mouvement. Il s’agit même du mouvement par excellence car sa formule phare est EM : EM

Effort minimum : efficacité maximum

On dit que le Taï chi est pour les fainéants : c’est tout à fait exact !
Le Taï chi cherche à aligner les chaines musculaires de la façon la plus optimale possible en utilisant le moindre effort, rendant le corps plus fort, plus détendu mais aussi plus souple car il enchaîne les postures comme du yoga en mouvement, la fluidité en plus.
Si le yoga est une photo, le Taï chi est un film comme le cinéma à ses débuts qui enchaînait les photos pour créer le mouvement !
Un exemple que vous pouvez vérifier dans l’instant : essayez de soulever un objet quel qu’il soit sans soulever l’épaule ! Bio-mécaniquement parlant, l’épaule n’a pas à intervenir dans ce mouvement, pourtant la majeure partie d’entre nous va la hausser, créant un mouvement compensatoire, des contractions inutiles et des traumatismes musculaires maintes fois répétés tout au long de la journée. Le Taï chi enseigne chaque mouvement dans le respect des tissus musculaires et articulaires, l’épaule restant basse et détendue pour laisser travailler les muscles qui ont la nécessité de travailler, et seulement ceux-ci…